La Station balnéaire.

Lundi 11 avril matin : direction la mer. Notre car file sur la nationale 4 en direction de la riviera cambodgienne, Sihanoukville, soit environ trois heures de route. Le paysage s'avère complètement différent, c'est plus vallonné, plus vert, avec des grandes plantations de fruits. Il y a même des montagnes. Après un arrêt pour nous ravitailler, nous repartons avec nos sachets d'ananas coupés et nos régimes de petites bananes. Plus que quelques kilomètres avant d'apercevoir à l'horizon la mer. Sihanoukville est située à la pointe d'une presqu'île avançant sur les eaux du golf de Thaïlande, dit également golf de Siam. Elle a été ainsi nommée en l'honneur du Prince Norodom Sihanouk. Mais durant la période allant de 1970 à 1992, elle a été rebaptisée Kompong Song par le maréchal Lon Nol (après son coup d'état contre le Prince).

Sur les dix kilomètres de plages, notre point de chute sera la plage d'Otcheutil, en face de laquelle nous trouvons un hôtel. A peine descendus du car, les enfants ont récupéré des chambres à air géantes et pataugent déjà dans l'eau, j'ai hâte de les rejoindre. Mais avant se pose la question de la tenue de bain. En effet, nous sommes accompagnés de familles cambodgiennes et il nous faut respecter leur principe de pudeur, donc se baigner habillés, comme eux. En général, les femmes nouent à partir de la taille ou sous les aisselles un long sarong, et rajoutent un tee-shirt. Pour les hommes, le caleçon est toléré. Le jour de notre arrivée nous n'avions pas vraiment la tenue adéquate, mais étant au courant des "coutumes", j'avais prévu un short long et tee-shirt à cet effet. Ce n'est pas du tout évident de nager habillé. Pour faire plus locale, le lendemain matin je décide de négocier l'achat de deux sarongs avec un petit vendeur ambulant.

Nous sommes sur un petit paradis terrestre. Il y a de longues plages recouvertes de sable fin blanc, les eaux sont cristallines et peu profondes (avec l'impression que quelqu'un a ouvert le robinet d'eau chaude). Au bord des plages, s'alignent les paillotes avec leurs toits de palme et leurs chaises pliantes. Derrière, les cuisines s'activent pour nous préparer notre repas du soir : poissons grillés, crabes, riz. Des marchands ambulants proposent des fruits, des chips, des cocktails de fruits séchés (j'y suis devenue accro)... Les couchers de soleil sont de vraies cartes postales ! Mais pour combien de temps ? Pour l'instant le bétonnage n'a pas encore commencé, mais je suppose que les projets immobiliers des riches hommes d'affaires locaux ou étrangers ne vont pas tarder à voir le jour, vu le potentiel touristique du lieu, et qui pourrait en faire une Thaïlande bis.

Ce mardi 12 avril matin : la journée commence sous de merveilleux auspices, il y a de la confiture au petit déjeuner pour la première fois depuis dix jours. J'ai savouré. Sinon, le programme de la journée est facile à deviner : plage. Il faut bien inaugurer mon nouveau sarong. En milieu de matinée notre bateau de pêcheur est annoncé. L'embarquement est un peu périlleux, ça crie, ça rigole. Par contre le déplacement des 90 kilos de mon père génère plutôt des cris de panique. Les quelques gilets de sauvetage sont réservés aux enfants et adultes ne savant pas nager. Je ne suis pas très rassurée, ça tangue tellement. Nous naviguons en direction d'une île...

Nous débarquons nos affaires et notre futur festin : des crevettes, 13 kg de crabes achetés au marché du matin, et notre riz. Ce n'est pas une île déserte, nous y côtoyons quelques touristes. D'ailleurs le choc des cultures a bien eu lieu, lorsque des jeunes femmes topless sont passées devant notre groupe. Je ne sais qui était le plus gêné. L'île est suffisamment grande pour que chacun trouve son territoire en respectant l'autre. L'après-midi chacun se trouve une occupation : petite baignade, cours de natation, ramassage de coquillages, chaise longue à l'ombre (le plus fatigant), tentative de pêche... Tranquille quoi ! Mais attention aux coups de soleil. Il est déjà temps d'entamer le retour. En chemin, une dernière chance est laissée à nos pêcheurs. Mais au bout de quelques minutes d'arrêt, les prémices du mal de mer commencent à se faire sentir pour quelques uns d'entre nous. C'est le moment de redémarrer le moteur.

photo plage d'Occheutil
Photo des vendeurs ambulants
Photo du coucher de soleil
Photo du bâteau de pêcheur
Photo de l'île